Une banque privée et un gérant de fortune indépendant (GFI) peuvent gérer le même portefeuille, mais ils ne sont pas le même type d'établissement. La première est une banque : elle ouvre le compte, conserve les avoirs et, en général, gère aussi les placements. Le second gère des placements pour le compte de clients, sans détenir lui-même l'argent ni les titres. Cette différence détermine qui surveille l'établissement, où se trouvent les avoirs en cas de difficulté et comment les frais se présentent.
Cette page compare des types de prestataires, jamais des établissements. Elle décrit des faits tirés de textes officiels et de nos données sur Genève ; elle ne dit pas quel type convient à quel client. Pour une vue plus large, voir le guide pour choisir un gérant de fortune et l'outil « quel type de gérant ».
Banque privée et GFI en un coup d'œil
| Critère | Banque privée | Gérant de fortune indépendant (GFI) |
|---|---|---|
| Garde des avoirs | La banque conserve elle-même les avoirs, sur un compte et un dépôt titres ouverts chez elle | Le GFI ne conserve rien : les avoirs restent chez une banque dépositaire, au nom du client |
| Surveillance | Directe, par la FINMA | Courante, par un organisme de surveillance autorisé par la FINMA ; la FINMA délivre l'autorisation |
| Frais | Un seul interlocuteur peut facturer gestion, conservation, courtage et change ; la structure dépend de l'établissement | Honoraires du gérant, distincts des frais de la banque dépositaire (conservation, courtage) ; la structure dépend du mandat |
| Ticket minimum | Fixé par chaque banque ; publié par 5,6 % des banques privées genevoises de nos données | Fixé par chaque gérant ; publié par 1,1 % des GFI genevois de nos données |
| Indépendance | Une banque peut appartenir à un groupe bancaire ; 0 % des banques privées genevoises de nos données sont classées indépendantes | Pas d'appartenance à un groupe bancaire ; 100 % des GFI genevois de nos données sont classés indépendants |
| Cadre légal | Loi sur les banques (LB, RS 952.0), puis LSFin pour les services financiers | LEFin (RS 954.1) pour l'autorisation, puis LSFin pour les règles de comportement |
Les pourcentages du tableau proviennent de notre jeu de données genevois, état au 17 octobre 2026 : voir la page données Genève.
Qui surveille une banque privée à Genève ?
Une banque a besoin d'une autorisation de la FINMA et reste placée sous sa surveillance directe. Dans nos données, les 36 banques privées genevoises sont toutes dans ce cas : aucune n'est rattachée à un organisme de surveillance (état au 17 octobre 2026, données Genève). La FINMA publie la liste des établissements qu'elle autorise : établissements, personnes et produits autorisés.
Le périmètre de surveillance d'une banque est large : fonds propres, liquidités, organisation, gestion des risques. Il va au-delà de la seule gestion de fortune, puisqu'une banque reçoit aussi des dépôts et peut accorder des crédits. La liste des banques privées à Genève reprend ces établissements.
Qui surveille un gérant de fortune indépendant ?
Un gestionnaire de fortune a besoin d'une autorisation de la FINMA au titre de la loi sur les établissements financiers (LEFin) : la loi soumet à autorisation, entre autres, les gestionnaires de fortune, les trustees et les gestionnaires de fortune collective (art. 2 et 5 LEFin). La surveillance courante n'est cependant pas exercée par la FINMA elle-même, mais par un organisme de surveillance qu'elle a autorisé. Les organismes autorisés figurent dans la liste FINMA : AOOS, OSFINcontrol, OSIF et SO-FIT.
Dans nos données, 77,1 % des 380 GFI genevois sont rattachés à un organisme de surveillance (état au 17 octobre 2026, données Genève). Les autres sont autorisés directement par la FINMA sous un autre statut. Sur l'ensemble des 549 établissements genevois suivis, la répartition est la suivante :
| Surveillance | Établissements |
|---|---|
| AOOS | 149 |
| SO-FIT | 161 |
| OSIF | 100 |
| OSFINcontrol | 10 |
| FINMA directe (banques, maisons de titres, gestionnaires de fortune collective) | 126 |
Source : liste FINMA croisée avec Zefix, siège à Genève, état au 17 octobre 2026.
La liste des gérants de fortune indépendants à Genève indique l'organisme de surveillance de chaque fiche.
Un GFI peut-il garder mes avoirs ?
Non, pas dans le modèle habituel. Un GFI ne détient pas les avoirs de ses clients : le compte et le dépôt titres sont ouverts au nom du client auprès d'une banque dépositaire. Le gérant agit dans le cadre d'un mandat de gestion et d'une procuration limitée à la gestion, qui lui permet de passer des ordres. C'est la banque dépositaire qui exécute les ordres et établit les relevés.
Deux conséquences pratiques :
- le client peut en principe changer de gérant sans déplacer ses avoirs, en révoquant la procuration ;
- il a deux relations contractuelles : celle avec le gérant (le mandat) et celle avec la banque dépositaire (le compte et le dépôt).
Les avoirs restent soumis aux règles qui protègent les clients de la banque dépositaire, présentées ci-dessous. La banque dépositaire est elle-même une banque autorisée par la FINMA ; ce n'est pas nécessairement une banque privée au sens de notre catégorie.
Que deviennent mes avoirs si la banque fait faillite ?
La loi sur les banques (LB, RS 952.0) distingue deux situations.
Les valeurs déposées (titres, parts de fonds conservés en dépôt) sont distraites de la masse en faillite : selon l'art. 37d LB, les valeurs déposées au sens de l'art. 16 LB sont distraites conformément aux art. 17 et 18 de la loi sur les titres intermédiés. Elles n'entrent donc pas dans la masse de la banque.
Les dépôts en espèces relèvent d'un autre régime. L'art. 37a LB attribue les dépôts libellés au nom du déposant, y compris les obligations de caisse, jusqu'à un montant maximal de 100 000 francs par créancier, à la deuxième classe au sens de l'art. 219 al. 4 de la loi sur la poursuite pour dettes et la faillite. L'art. 37h LB oblige les banques à garantir ces dépôts privilégiés placés auprès de leurs comptoirs suisses et à adhérer, avant de les accepter, au système d'autorégulation des banques. Ce système est géré par esisuisse, qui précise sur son site les conditions d'application ; les titres, notamment, ne relèvent pas de la garantie des dépôts, puisque la banque ne fait que les conserver pour le client.
Ces règles s'appliquent de la même manière à une banque privée qui conserve elle-même les avoirs et à la banque dépositaire d'un GFI. Elles concernent la faillite de la banque, pas l'évolution de la valeur des placements.
Quelles règles de comportement valent pour les deux ?
La loi sur les services financiers (LSFin, RS 950.1) s'applique aux prestataires de services financiers, banques comme gestionnaires de fortune. Elle prévoit notamment :
- la classification des clients (privés, professionnels, institutionnels) ;
- la vérification du caractère approprié ou adéquat du service par rapport à la situation du client ;
- des devoirs d'information sur le prestataire, ses services, ses coûts et ses conflits d'intérêts ;
- des obligations de documentation ;
- l'affiliation à un organe de médiation reconnu pour les prestataires qui servent des clients privés.
Un client peut donc poser les mêmes questions à une banque privée et à un GFI : comment suis-je classé, sur quelle base mon profil a-t-il été établi, que vais-je payer, qui reçoit quoi, et à quel organe de médiation puis-je m'adresser ? Le détail de ces règles est expliqué dans le guide LEFin et LSFin expliquées.
Rétrocessions : que dit la loi ?
Une rétrocession est une rémunération reçue de tiers, par exemple d'un promoteur de fonds, en lien avec le service fourni au client. Elle est traitée à l'art. 26 de la LSFin (« Indemnités de tiers »), et non dans la LEFin. Un prestataire ne peut accepter de telles indemnités que dans deux cas : soit il a informé expressément le client à l'avance et celui-ci y renonce, soit il lui reverse intégralement l'indemnité. L'information doit porter sur la nature et l'étendue de l'indemnité et intervenir avant la fourniture du service ou la conclusion du contrat ; si le montant n'est pas connu d'avance, le prestataire communique les paramètres de calcul et les fourchettes, et il doit, sur demande, indiquer les montants effectivement reçus. Le texte est sur fedlex.
Cette règle vaut pour tous les prestataires de services financiers : elle ne distingue pas banque et GFI. Pour la structure des frais en général, voir le guide sur les frais de gestion de fortune en Suisse.
Comment les frais se structurent-ils ?
Nous ne publions aucun taux. Dans nos données genevoises, la médiane des frais n'est publiée ni pour les banques privées ni pour les GFI : elle ne l'est qu'à partir de 5 valeurs, et le nombre de valeurs est de 0 pour les banques privées et de 1 pour les GFI (état au 17 octobre 2026, données Genève).
On peut en revanche décrire la façon dont les frais se répartissent :
- Avec une banque privée, la relation passe par un seul établissement. Les coûts de gestion, de conservation des titres, d'opérations et de change peuvent figurer sur la même facture ou le même relevé. La LSFin impose une information sur les coûts, mais leur présentation varie d'un établissement à l'autre.
- Avec un GFI, les honoraires du gérant se paient au gérant, et les frais de la banque dépositaire (conservation, courtage, change) se paient à la banque. Le client a donc, en principe, deux sources de facturation à additionner.
Dans les deux cas, la question à poser est de savoir ce qui est inclus dans le prix annoncé et ce qui est facturé en plus. L'outil comparateur de frais permet de saisir des hypothèses de son choix ; il ne s'appuie sur aucun taux publié par les établissements.
Et le ticket minimum ?
Chaque établissement fixe librement son minimum, et la plupart ne le publient pas. Dans nos données, la part des établissements genevois ayant publié un ticket minimum est de 5,6 % pour les banques privées et de 1,1 % pour les GFI (état au 17 octobre 2026, données Genève). Avec 2 valeurs pour les banques privées et 4 pour les GFI, aucune médiane n'est publiée par type ; tous types confondus, la médiane des 6 minimums publiés est de CHF 250 000.
Le montant minimum d'une relation ne se lit pas dans un annuaire : il se demande à l'établissement, par écrit. La page gestion de fortune à Genève donne, fiche par fiche, les informations que chaque établissement a rendues publiques.
Quelle est la différence d'indépendance ?
Le mot « indépendant » désigne ici un établissement qui n'appartient pas à un groupe bancaire. Dans nos données genevoises, il s'applique à 100 % des 380 GFI et à 0 % des 36 banques privées ; sur l'ensemble des 549 établissements, la part est de 93,4 % (état au 17 octobre 2026, données Genève).
L'indépendance par rapport à un groupe ne dit rien de la qualité de la gestion et ne règle pas à elle seule la question des conflits d'intérêts : un GFI peut aussi percevoir des indemnités de tiers (voir plus haut). Elle indique seulement qui détient l'établissement. C'est une question à poser telle quelle : l'établissement propose-t-il uniquement ses propres produits, ou ceux de tiers, et à quelles conditions ?
Que vérifier avant de signer ?
Les points ci-dessous valent pour une banque privée comme pour un GFI :
- La licence. Rechercher l'établissement dans la liste FINMA des établissements autorisés. Une raison sociale absente de la liste n'est pas autorisée sous ce nom.
- L'organisme de surveillance. Pour un GFI, identifier l'organisme de surveillance qui figure dans la liste FINMA.
- La banque dépositaire. Pour un GFI, son nom, le fait que le compte soit ouvert au nom du client et l'étendue exacte de la procuration.
- Les frais, par écrit. Les honoraires, les frais de la banque dépositaire, les frais de produits, et ce qui est facturé en plus.
- Les rétrocessions. Si l'établissement en perçoit, la façon dont il en informe le client avant la signature et ce qu'il reverse (art. 26 LSFin).
- L'organe de médiation. Le nom de l'organe auquel le prestataire est affilié.
- Le ticket minimum et les conditions de sortie, par écrit : préavis, frais de clôture, transfert des titres.
La méthode de collecte et de vérification de nos données est décrite sur la page méthodologie. Pour une autre comparaison de types, voir GFI ou family office.