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Gestion Fortune

Family office suisse ou gérant de fortune indépendant : ce que dit la loi et ce que montrent nos données

Mis à jour le 17 octobre 2026

« Family office » ne désigne pas une catégorie d'autorisation du droit suisse. La loi ne connaît ni licence « family office » ni registre qui porterait ce nom : l'autorisation dont une structure a besoin dépend de ce qu'elle fait, et pour qui. Une structure qui gère des avoirs pour des tiers est en principe un gestionnaire de fortune au sens de la loi sur les établissements financiers (LEFin) ; si elle exerce une activité de trustee, elle relève de l'autorisation de trustee. Un gérant de fortune indépendant (GFI), lui, est précisément ce gestionnaire de fortune autorisé.

La comparaison porte donc moins sur deux statuts juridiques que sur deux façons de s'organiser, avec des périmètres de services parfois différents. Cette page compare des types de prestataires, jamais des établissements ; elle ne dit pas quel type convient à quel client. Elle s'appuie sur des textes officiels et sur nos données genevoises. Pour la comparaison avec les banques, voir banque privée ou GFI ; pour une vue d'ensemble, le guide pour choisir un gérant de fortune.

GFI et family office en un coup d'œil

Critère Gérant de fortune indépendant (GFI) Family office (multi family office autorisé)
Garde des avoirs Aucune : les avoirs restent chez une banque dépositaire, au nom du client Aucune non plus : les avoirs sont conservés par une ou plusieurs banques dépositaires
Surveillance Autorisation FINMA, surveillance courante par un organisme de surveillance (ou par la FINMA directement sous un autre statut) Même régime lorsque la structure gère des avoirs de tiers : autorisation FINMA et organisme de surveillance
Frais (structure) Honoraires du gérant, distincts des frais de la banque dépositaire ; structure fixée par le mandat Honoraires de la structure, dont le périmètre dépend du contrat ; frais de la ou des banques dépositaires en plus
Ticket minimum Fixé par chaque gérant ; publié par 1,1 % des GFI genevois de nos données Fixé par chaque structure ; aucun minimum publié dans nos données
Indépendance 100 % des GFI genevois de nos données ne dépendent pas d'un groupe bancaire 100 % des family offices genevois de nos données ne dépendent pas d'un groupe bancaire
Cadre légal LEFin et OEFin pour l'autorisation ; LSFin pour les règles de comportement Mêmes textes dès que la structure gère des avoirs de tiers ; exception pour la gestion de proches (voir plus bas)
Périmètre des services Gestion de fortune pour le compte du client dans le cadre d'un mandat Gestion de fortune et, selon le contrat, d'autres prestations de coordination décrites dans la convention

Les pourcentages proviennent de notre jeu de données genevois, état au 17 octobre 2026 : voir la page données Genève. Le tableau décrit des types ; chaque établissement détermine ses propres prestations et conditions.

Un family office a-t-il besoin d'une licence en Suisse ?

Cela dépend de son activité, et non de son appellation. Trois cas se présentent.

La structure gère des avoirs pour des tiers. Elle exerce alors l'activité de gestionnaire de fortune, soumise à autorisation de la FINMA : la LEFin (RS 954.1) soumet à autorisation, entre autres, les gestionnaires de fortune et les trustees (art. 2 et 5 LEFin). La surveillance courante est exercée par un organisme de surveillance autorisé par la FINMA, comme pour un GFI.

La structure agit comme trustee. L'activité de trustee a son propre régime d'autorisation dans la même loi. Un family office qui administre des trusts n'échappe pas à cette exigence du fait de son nom. Les trustees à Genève sont suivis séparément dans l'annuaire.

La structure gère uniquement le patrimoine d'un cercle lié. L'art. 2 al. 2 let. a LEFin exclut du champ d'application de la loi les personnes qui gèrent exclusivement les valeurs patrimoniales de personnes avec lesquelles elles ont des liens économiques ou familiaux. C'est l'exception que l'on désigne souvent par « single family office ». L'ordonnance sur les établissements financiers (OEFin, RS 954.11) précise ces liens : l'art. 3 OEFin vise les sociétés ou entités d'un même groupe d'entreprises qui fournissent des services financiers ou de trustee à d'autres sociétés ou entités du groupe ; l'art. 4 OEFin énumère les liens familiaux (parents et alliés en ligne directe, en ligne collatérale jusqu'au quatrième degré, conjoints et partenaires enregistrés, etc.) et traite aussi du cas où la structure est contrôlée par un tiers familialement lié ou par un trust ou une fondation créés par une telle personne. Le texte consolidé en vigueur fait foi ; cette page n'en est qu'un résumé.

Conséquence pour l'annuaire : une structure qui ne gère que le patrimoine d'une seule famille et de son cercle n'a pas besoin d'autorisation et n'apparaît donc dans aucune liste de la FINMA. Notre règle de base est de ne lister que des prestataires vérifiables dans un registre public ; les structures exemptées ne le sont pas et ne sont pas répertoriées.

Qu'est-ce qu'un multi family office dans l'annuaire ?

Un multi family office sert plusieurs familles qui n'ont pas de lien entre elles au sens de l'art. 4 OEFin. L'exception décrite ci-dessus ne s'y applique alors pas : la structure gère des avoirs pour des tiers. Dans notre annuaire, seuls les multi family offices titulaires d'une autorisation de la FINMA, vérifiable dans la liste des établissements autorisés, sont répertoriés. La catégorie « family office » de l'annuaire est une catégorie de présentation, pas une catégorie légale : elle regroupe des établissements autorisés (le plus souvent comme gestionnaires de fortune) qui se présentent comme family offices. La page family offices à Genève en donne la liste, et la page gérants de fortune indépendants à Genève celle des GFI.

Quelles différences de services ?

Le droit définit l'activité de gestionnaire de fortune, pas celle de « family office ». Les différences de périmètre se lisent donc dans le contrat, et non dans la loi.

  • Un mandat de gestion classique couvre la gestion des placements du client dans le cadre d'une stratégie convenue : le gérant passe des ordres sur la base d'une procuration, la banque dépositaire exécute et établit les relevés. C'est le cœur de l'activité d'un GFI.
  • Un mandat plus large, tel que certains family offices le décrivent, peut ajouter une fonction de coordination : suivi consolidé des avoirs détenus auprès de plusieurs banques, interface avec d'autres professionnels, suivi administratif. Ces prestations ne sont pas définies par la loi ; elles n'existent que si le contrat les prévoit.

Un service qui ne relève pas de la gestion de fortune au sens de la loi n'est pas, pour cette raison, couvert par l'autorisation. Ce qui compte pour le client, c'est ce que la convention écrite promet, par qui, et à quel prix. Les fiches de l'annuaire reprennent, quand l'établissement l'a rendu public, la nature de ses services.

Qui garde les avoirs ?

Dans les deux cas, ni le GFI ni le family office autorisé ne détiennent les avoirs. Les comptes et dépôts sont ouverts au nom du client auprès d'une banque dépositaire, ou de plusieurs. La protection des clients en cas de faillite de la banque suit alors les règles de la loi sur les banques, présentées dans la comparaison banque privée ou GFI. Pour un family office qui coordonne plusieurs banques, cela signifie plusieurs relations de dépôt distinctes, chacune avec ses relevés.

Quelles règles de comportement s'appliquent ?

Dès qu'une structure fournit un service financier à des clients, la loi sur les services financiers (LSFin, RS 950.1) s'applique : classification des clients, vérification du caractère approprié ou adéquat du service, information sur le prestataire, ses services, ses coûts et ses conflits d'intérêts, documentation, et affiliation à un organe de médiation pour les prestataires qui servent des clients privés. Ces devoirs ne dépendent pas de l'étiquette « family office » ou « GFI ». Leur détail est expliqué dans le guide LEFin et LSFin expliquées.

Rétrocessions : même règle pour les deux

L'art. 26 LSFin (« Indemnités de tiers ») s'applique à tout prestataire de services financiers. Il ne peut accepter de telles indemnités que s'il a informé le client à l'avance et que celui-ci y a renoncé, ou s'il les reverse intégralement au client. Un family office indépendant de tout groupe bancaire peut donc, comme un GFI, percevoir des indemnités de tiers : la question à poser est la même. Pour le détail des modèles de frais, voir le guide sur les frais de gestion de fortune en Suisse.

Que montrent nos données genevoises ?

Nos données couvrent les établissements dont le siège est à Genève, d'après la liste de la FINMA croisée avec Zefix (état au 17 octobre 2026, données Genève).

Indicateur GFI Family offices
Établissements 380 77
Rattachés à un organisme de surveillance 77,1 % 92,2 %
Indépendants d'un groupe bancaire 100 % 100 %
Ticket minimum publié 1,1 % 0 %
Médiane du ticket minimum et des frais non publiée non publiée

Les médianes ne sont publiées qu'à partir de 5 valeurs ; pour les GFI, le nombre de valeurs est de 4 pour le ticket minimum et de 1 pour les frais ; pour les family offices, il est de 0. La différence entre 77,1 % et 92,2 % ne dit rien de la qualité des établissements : ceux qui ne sont pas rattachés à un organisme de surveillance sont autorisés directement par la FINMA sous un autre statut. Nous ne tirons aucune autre conclusion de ces chiffres.

Comment les frais se structurent-ils ?

Nous ne publions aucun taux. Pour les deux types, on peut décrire la structure :

  • les honoraires du gérant ou de la structure, selon le mandat ;
  • les frais de la ou des banques dépositaires (conservation, courtage, change), facturés par la banque ;
  • les frais de produits, si des fonds ou des produits structurés sont utilisés ;
  • éventuellement des honoraires distincts pour des prestations hors gestion, si le contrat les prévoit.

La question utile est de savoir ce qui est inclus dans le prix annoncé et ce qui est facturé en plus. L'outil comparateur de frais permet de poser ses propres hypothèses ; il ne s'appuie sur aucun taux publié par des établissements.

Questions fréquentes

Un family office est-il toujours surveillé par la FINMA ?

Non. Une structure qui gère exclusivement le patrimoine de personnes avec lesquelles elle a des liens économiques ou familiaux est exclue du champ de la LEFin (art. 2 al. 2 let. a LEFin, art. 3 et 4 OEFin). Celle qui gère des avoirs de tiers sans ces liens a besoin d'une autorisation.

Un family office peut-il garder mes avoirs ?

Pas dans le modèle décrit ici : les avoirs sont conservés par une banque dépositaire. Les établissements de nos données sont des gestionnaires de fortune ou des trustees, pas des banques.

Où vérifier si une structure est autorisée ?

Dans la liste de la FINMA. Elle indique le type d'autorisation et, pour les gestionnaires de fortune et trustees, l'organisme de surveillance.

Quel organisme de surveillance pour un family office ?

Les organismes autorisés figurant dans la liste FINMA sont AOOS, OSIF, SO-FIT et OSFINcontrol. Sur les 549 établissements genevois suivis, 149 relèvent de l'AOOS, 161 de SO-FIT, 100 de l'OSIF et 10 d'OSFINcontrol ; 126 sont surveillés directement par la FINMA (état au 17 octobre 2026, données Genève).

Que vérifier avant de signer ?

  1. La licence. Rechercher l'établissement dans la liste FINMA. Une raison sociale absente de la liste n'est pas autorisée sous ce nom ; si la structure invoque l'exception pour la gestion de proches, demander sur quels liens elle repose.
  2. L'organisme de surveillance indiqué dans la liste FINMA.
  3. La banque dépositaire. Son nom, le fait que le compte soit ouvert au nom du client et l'étendue exacte de la procuration.
  4. Le périmètre exact du contrat. Ce qui relève de la gestion de fortune, ce qui relève d'autres prestations, et qui les fournit.
  5. Les frais, par écrit. Honoraires, frais de la banque dépositaire, frais de produits, prestations facturées en plus.
  6. Les rétrocessions. Si l'établissement perçoit des indemnités de tiers, la façon dont il en informe le client avant la signature et ce qu'il reverse (art. 26 LSFin).
  7. L'organe de médiation auquel le prestataire est affilié.
  8. Le ticket minimum et les conditions de sortie, par écrit : préavis, frais de clôture, transfert des titres.

La méthode de collecte et de vérification de nos données est décrite sur la page méthodologie.

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