Choisir un gestionnaire de fortune à Genève revient d'abord à répondre à des questions de fait : le prestataire est-il autorisé, qui le surveille, où sont déposés les avoirs, que coûte le mandat et que doit-il remettre au client avant de commencer ? Chacune de ces questions a une réponse vérifiable dans un registre public ou dans un document écrit. Ce guide présente ces critères et l'endroit où les contrôler. Il ne désigne aucun prestataire et ne dit pas quel type de gérant convient à quelle situation : le lecteur décide.
Pour le cadre légal en détail, voir LEFin et LSFin expliquées. Pour la comparaison des types, voir banque privée ou gérant indépendant.
Quels types de prestataires trouve-t-on à Genève ?
Notre base recense 549 établissements genevois (liste FINMA et registre du commerce, siège à Genève, état au 17 octobre 2026, détail sur la page données de Genève).
| Type | Établissements | Sous un organisme de surveillance | Indépendants (hors groupe bancaire) | Ticket minimum publié |
|---|---|---|---|---|
| Tous types | 549 | 76,5 % | 93,4 % | 1,1 % |
| Gérants de fortune indépendants | 380 | 77,1 % | 100 % | 1,1 % |
| Banques privées | 36 | 0 % (surveillance directe de la FINMA) | 0 % | 5,6 % |
| Family offices | 77 | 92,2 % | 100 % | 0 % |
| Trustees | 61 | 100 % | 100 % | 0 % |
Ce que chaque type fait, en deux lignes :
- la banque privée est une banque : elle conserve les avoirs et, en général, les gère aussi ; la FINMA la surveille directement ;
- le gérant de fortune indépendant (GFI) gère des placements sur mandat, sans conserver les avoirs, qui restent chez une banque dépositaire ; un organisme de surveillance le contrôle au quotidien ;
- le family office organise et suit le patrimoine d'une ou de plusieurs familles ;
- le trustee gère un patrimoine constitué en trust.
Les gérants indépendants et les family offices se distinguent aussi par leur périmètre de services : la page gérant indépendant ou family office les compare. Le questionnaire « quel type de gérant » aide à se repérer dans ces catégories sans désigner de prestataire.
Comment vérifier une autorisation dans la liste de la FINMA ?
Un gestionnaire de fortune ou un trustee exerce à titre professionnel avec une autorisation de la FINMA (art. 5 et 17 LEFin). La FINMA publie ses registres sur sa page établissements, personnes et produits autorisés ; la liste des gestionnaires de fortune et trustees est aussi téléchargeable sur la page dédiée. Pour chaque entrée, relever :
- la raison sociale exacte, et non une marque commerciale ;
- le numéro d'identification des entreprises (IDE, de la forme CHE-…) ;
- le type d'autorisation (gestionnaire de fortune, trustee, banque, maison de titres, gestionnaire de fortune collective) ;
- l'organisme de surveillance mentionné.
Un nom qui n'apparaît dans aucun registre n'est pas la preuve d'une irrégularité, mais le lecteur n'a alors aucun moyen public de contrôler l'autorisation. C'est la raison pour laquelle l'annuaire ne liste que des établissements présents dans un registre de la FINMA (voir la méthodologie).
Que contrôler dans le registre du commerce ?
Zefix est le moteur de recherche officiel des entreprises inscrites au registre du commerce. Il permet de rapprocher ce que dit la FINMA de ce qu'affiche le registre.
| Critère | Où le vérifier | Source officielle |
|---|---|---|
| Autorisation en cours | Liste des gestionnaires de fortune et trustees ; recherche par raison sociale ou IDE | FINMA |
| Existence de la société, siège, forme juridique | Fiche de l'entreprise | Zefix |
| Numéro IDE identique | Comparer le CHE-… de la liste FINMA, du registre et du contrat | FINMA, Zefix |
| But social | Fiche Zefix, rubrique « but » : il doit correspondre à la gestion de fortune | Zefix |
| Personnes inscrites | Organes (administrateurs, directeurs, signatures) | Zefix |
| Organisme de surveillance | Mention dans la liste FINMA, puis site de l'organisme | AOOS, OSIF, SO-FIT, OSFINcontrol |
| Banque dépositaire | Contrat de mandat et convention de dépôt | Documents remis par le prestataire |
| Organe de médiation | Documents d'information (art. 79 LSFin) | Documents remis par le prestataire |
| Frais | Barème écrit | Documents remis par le prestataire |
| Ticket minimum | Réponse écrite du prestataire | Non publié dans nos données |
Quel organisme de surveillance, et que change-t-il ?
Pour les gestionnaires de fortune et les trustees, la FINMA délivre l'autorisation et un organisme de surveillance exerce la surveillance courante (art. 61 LEFin). Quatre organismes apparaissent dans la liste FINMA que nous exploitons. Parmi les 549 établissements genevois de notre base (état au 17 octobre 2026, données de Genève) :
| Surveillance | Établissements |
|---|---|
| SO-FIT | 161 |
| AOOS | 149 |
| OSIF | 100 |
| OSFINcontrol | 10 |
| FINMA directement (banques, maisons de titres, gestionnaires de fortune collective) | 126 |
Trois établissements de la base n'ont pas de ligne de surveillance dans les données FINMA. Les gérants qui ne figurent sous aucun organisme sont autorisés par la FINMA sous un autre statut. Le nom de l'organisme figure dans la liste FINMA ; son propre site présente ses règles et ses contacts. Le contrat et la liste doivent mentionner le même organisme.
Où sont déposés les avoirs ?
Chez un gérant indépendant, le point central est la banque dépositaire : les avoirs sont en principe déposés sur un compte au nom du client, et le gérant agit sur la base d'une procuration. Les points à lire dans les documents : le nom de la banque, les pouvoirs accordés au gérant (gestion seule, ou aussi retraits et virements), les frais de la banque et la manière dont le client reçoit ses relevés directement de la banque. Chez une banque privée, la banque et le gestionnaire sont un seul établissement ; la question porte alors sur la structure de frais et sur l'appartenance éventuelle à un groupe.
Mandat de gestion ou mandat de conseil ?
Le type de contrat détermine qui prend la décision d'investir.
| Mandat de gestion | Mandat de conseil | |
|---|---|---|
| Qui décide des transactions | Le gérant, dans les limites du mandat | Le client, après avoir reçu une recommandation |
| Base | Procuration de gestion | Convention de conseil |
| Vérification LSFin | Adéquation : situation financière, objectifs, connaissances et expérience (art. 10 et 12 LSFin) | Selon le mode de conseil : caractère approprié pour une transaction isolée (art. 11), adéquation si le portefeuille est pris en compte (art. 12) |
| Autorisation | Gestionnaire de fortune (art. 17 LEFin) | Pas d'autorisation LEFin pour le seul conseil ; les conseillers de prestataires non surveillés s'inscrivent au registre des conseillers (art. 28 LSFin) |
Les termes exacts, les limites de placement et la répartition des responsabilités sont fixés par écrit dans le contrat : ils sont à lire avant de signer.
Que doit remettre le prestataire avant le service ?
La LSFin impose des devoirs à tout prestataire de services financiers. Voici ceux qui se traduisent par un document ou une information à demander :
- la classification du client : privé, professionnel ou institutionnel, avec les possibilités d'opting-out et d'opting-in (art. 4 et 5 LSFin) ;
- l'information sur le prestataire : nom et adresse, champ d'activité, régime de surveillance, possibilité de médiation, risques généraux liés aux instruments financiers (art. 8 LSFin) ; les coûts et les conflits d'intérêts relèvent aussi des devoirs d'information et d'organisation de la loi, à relire dans le texte ;
- la vérification de l'adéquation de la stratégie à la situation du client (art. 12 LSFin) et sa documentation (art. 15) ;
- les rémunérations de tiers, communément appelées rétrocessions, à communiquer avant le service (art. 26 LSFin) ;
- l'affiliation à un organe de médiation (art. 74 et 77 à 79 LSFin).
Le client peut demander ces éléments par écrit. Le détail de chaque article figure dans notre guide LEFin et LSFin.
Comment sont structurés les frais ?
Les frais d'un mandat se lisent en plusieurs couches : honoraires du gérant, frais de la banque dépositaire (droits de garde, courtage, change), frais des produits utilisés. Ni la base de calcul ni les montants ne sont fixés par la loi. La médiane des frais n'est pas publiée dans nos données à ce jour (n = 1 tous types confondus, publiée dès 5 valeurs). Voir le guide sur les frais de gestion et le comparateur de frais, qui calcule un coût à partir des taux saisis par l'utilisateur.
Et le ticket minimum ?
Le ticket minimum est fixé par chaque prestataire. Dans nos données, la part des établissements qui publient un minimum est de 1,1 % tous types confondus : 5,6 % des banques privées, 1,1 % des GFI, 0 % des family offices et des trustees (état au 17 octobre 2026, données de Genève). Tous types confondus, la médiane des 6 minimums publiés est de CHF 250 000 ; par type, le seuil de 5 valeurs n'est pas atteint. Ce chiffre ne dit rien du minimum d'un établissement donné : la question se pose donc directement au prestataire, par écrit, en précisant si le minimum porte sur le mandat, sur le compte ou sur la relation globale.
Quelles questions poser au prestataire ?
Une liste neutre, à adapter :
- Quel est votre numéro IDE et votre type d'autorisation FINMA ?
- Quel organisme de surveillance vous contrôle, et depuis quand ?
- Quelle est la banque dépositaire, et le compte est-il à mon nom ?
- Quels pouvoirs le mandat vous donne-t-il sur mes avoirs ?
- Le contrat est-il un mandat de gestion ou de conseil ? Qui décide des transactions ?
- Dans quelle catégorie de clients m'avez-vous classé ?
- Quels frais facturez-vous, sur quelle base, et quels frais s'ajoutent côté banque et produits ?
- Percevez-vous des rémunérations de tiers ? Sous quelle forme m'en informez-vous ?
- Quel est le ticket minimum, et que se passe-t-il s'il n'est plus atteint ?
- À quel organe de médiation êtes-vous affilié ?
- Comment résilier le mandat, et sous quel délai ?
- Quelle équipe suivra mon dossier, et qui est la personne de contact ?
Que vérifier avant de signer ?
- La licence : l'établissement figure-t-il dans la liste FINMA, avec le même nom et le même numéro IDE que dans le contrat et dans Zefix ?
- L'organisme de surveillance : nommé dans la liste, nommé dans le contrat, présent sur le site de l'organisme.
- La banque dépositaire : compte au nom du client, pouvoirs du gérant limités à ce que le mandat prévoit.
- Les frais par écrit : barème, base de calcul, frais de la banque et des produits, avant la signature.
- Les rétrocessions et indemnités de tiers : information préalable écrite, conformément à l'art. 26 LSFin.
- L'organe de médiation : nom indiqué dans les documents remis.
- Le ticket minimum et les conditions de sortie : par écrit.
L'annuaire reste un outil de recherche : il n'évalue pas la qualité d'une société et ne remplace pas un conseil juridique ou fiscal. Pour parcourir les prestataires, voir la page gestion de fortune à Genève.